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Yakwala soutient le manifeste pour un nouvel écosystème de la presse numérique !

on lun, 10/22/2012 - 16:20

Par Julien Le Bot

« De la rotative è la tablette » : les organisateurs de la troisième « Journée de la presse en ligne » (qui s’est tenue le vendredi 19 octobre dernier à la Maison des Métallos de Paris ont annoncé la couleur sur les cartons d’invitation. Pour faire émerger les modèles économiques de demain, inventer les outils des rédactions numériques, ou renforcer les stratégies industrielles (des groupes historiques, mais aussi des « pure players »), quoi de mieux qu’un manifeste permettant à tous les acteurs mobilisés par ces questions de s’accorder – ensemble – sur un parti pris commun. C’est là tout l’enjeu du « Manifeste pour un nouvel écosystème de la presse numérique » que l’équipe de Yakwala soutient pleinement. Et pour cause : la recherche et développement, aujourd’hui, s’effectue le plus souvent « hors les murs » des rédactions.  Exemple avec Yakwala qui développe tout un tas de services et de technologies qui peuvent et doivent contribuer à renouveler le paysage. Pour peu qu’on s’y mette à plusieurs.

L’innovation, c’est entendu, n’est pas chose aisée en temps de crise. Quoique. Comme le montre très bien la philosophe Myriam Revault D’Allonnes dans son dernier livre La crise sans fin, il est urgent de ne plus pédaler la tête dans le guidon, mais bien de prendre le temps de (re)penser ce qui se joue pour nous. La presse va (très) mal, c’est une chose, mais les lecteurs et/ou internautes sont bien là, de l’autre côté de l’écran et/ou de la tablette. L’appétence, pour ainsi dire, pour l’information, n’a pas varié. Ce sont les conditions de production, de distribution, de diffusion et de partage qui ont changé !

Que propose, dans un tel contexte, ce manifeste ? Et pourquoi le soutenir ?

C’est simple : Yakwala, co-fondée par un journaliste et des spécialistes du web (de Drupal en particulier), s’intéresse de près à la diffusion d’informations locales. A la « centralisation décentralisée » des données locales et des services qui peuvent en découler. A la grammaire « participative » de l’information. A la démocratisation de l’accès à l’Open Data. A la visualisation de données.  Ou encore au développement de nouvelles fonctionnalités à la croisée du temps réel et de la géolocalisation.

Dans un tel contexte, ce sont deux articles - au moins - de ce manifeste qui ont retenu toute notre attention.  

Il y a d’abord le point 3. « Inciter à la recherche et développement » :

« Alors que la presse connaît une révolution industrielle sans précédent, il faut noter le niveau anormalement faible des budgets que les éditeurs consacrent à la recherche et développement », est-il écrit dans ce manifeste. Le paradoxe de cette situation qui devrait inciter à investir sur de nouveaux services, formats et outils, c’est tout de même une forme d’externalisation de la « R&D », comme on dit dans le milieu. Autrement dit, ce sont des start-ups comme Yakwala qui ont pris à bras le corps un certain nombre d’intuitions pour tenter de développer, en fonds propres le plus souvent, un certain nombre d’outils et/ou de solutions susceptible de contribuer utilement eu changement de paradigme en cours.

Comme nous l’écrivions déjà dans un billet de blog antérieur à quelques heures d’un débat sur les synergies entre rédactions et start-ups, « les modèles économiques des médias traditionnels (se) sont (pour le moins) essoufflés, les audiences se baladent - de liens en liens, de réseaux en réseaux, deci delà -, et les "laboratoires" se font toujours bien rares dans les grandes rédactions ("le Lab" du New York Times faisant figure de contre-exemple confirmant la règle). On peut aller chercher tout un tas de facteurs d'explications à ce phénomène (de débordement des usages par rapport à l'industrie), il n'en demeure pas moins qu'un certain nombre d'acteurs sont apparus et se sont engagés, à leurs manières, dans un travail de recomposition du paysage (et des outils) médiatiques. A sa manière, avec ses recherches sur le partage d'informations et le déploiement de services au travers de l'Open Data, Yakwala en fait partie. »        

Conséquence : groupe de presse, start-ups et organisations professionnelles, il faut travailler ensemble sur la « R&D ». Comme le formule très bien le manifeste, il est possible et souhaitable de demander à ce que des aides d’Etat, via le crédit impôt recherche, permettent à des groupements spécialisés de travailler ensemble sur des innovations de demain. Yakwala est prêt à s’engager avec des éditeurs sur cette voie !

Au-delà, il y a la nécessité, comme le souligne l’article 5, de travailler sur de grands projets (pourquoi pas européens) : 

Objectif : permettre aux éditeurs et aux acteurs de cet écosystème de la presse en ligne (au sens large) de s’émanciper – autant que faire se peut - des plateformes de diffusion contrôlées par des acteurs comme Amazon ou Apple. Là encore, l’enjeu est évident : conserver le « contrôle » sur les technologies de diffusion. Des exemples et des tentatives telles que le « kiosque numérique » lancé par le GIE « ePresse » montrent qu’il est possible de travailler ensemble, entre partenaires, afin de réaliser un certain nombre de développements communs. « Ces dynamiques peuvent aussi être développées sur des logiques thématiques et/ou régionales comme l’a initié le kiosque PressInfo en Rhône-Alpes. Enfin, les éditeurs pourraient établir un format d’API, via ces GIE ou indépendamment, leur permettant de contractualiser l’accès à leurs contenus avec les agrégateurs ou moteurs de recherche. »

De ce point de vue, Yakwala est là aussi prête à s’engager avec l’ensemble des acteurs s’intéressant de près à la diffusion d’informations (locales en particulier), au développement de services innovants, à la mise en place de solutions de traitement de données (issues de l’Open Data) pour contribuer à l’effort de développement de tout l’écosystème de la presse numérique. Au service des lecteurs, des internautes, et de l’information.   

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Crédit : @workflo (Licence Creative Commons)