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Loso : de l'art de vous conduire au restaurant en vous proposant de papoter local

on mer, 02/22/2012 - 09:02

Par Julien Le Bot

Ceux qui ont, un jour ou l'autre, cherché des fonds pour mettre sur pieds leurs idées et/ou leurs concepts n'ignorent rien de la tyrannie exercée dans le cadre du "pitch" (de rigueur en mode "start-up") et du business plan (projection plus ou moins hallucinée de métriques rassemblées dans un prophétique fichier Excel) par ce qu'on appelle "l'analyse de marché". Précisément : l'hyperlocal est une dimension de la Toile qui reste à l'état de friche. Tout est à faire ! D'où la multiplication de tentatives qui, grosso modo, ont compris que l'avenir - soyons fou ! - était là, à l'intersection entre territoires et numériques. Après Topi, on continue notre tour d'horizon avec Loso.

Loso ne cherche pas à réinventer la poudre. Pas même le Gault et Millau. Pourtant, tout est parti du goût : des restaurants, des bistrots, ds sorties.  Loso a commencé par rassembler sur une même plateforme tous ces établissements qui ravissent nos humbles existences en mal de goguettes. Jusque là, rien que de très banal. Ensuite, il s'est agi, dans l'esprit de ses fondateurs tout au moins, de se dire que Loso permettait, dans un sens, de faire venir de nouveaux clients dans des restaurants bien identifiés, et dans l'autre, de permettre à (celles et) ceux qui utilisent fidèlement, régulièrement, ouvertement ses applications de se voir offrir quelques cocktails, apéritifs, et autres cafés en fin de repas.

Pour être plus précis, l'Atelier (BNP-Paribas) présente, dans un de ses billets de veille, l'alchimie au principe de la solutin Loso : "Pour fidéliser, il faut combiner jeu, actualité et collaboration".

Sans doute, oui, on les voit venir : l'hyperlocal, ce n'est pas que du "bon plan". Et ce n'est pas Yakwala qui va démentir ce parti pris ! Se contenter d'une grosse techno pour comparer les prix des chaussures en bas de chez vous, c'st bien mignon, c'est bien ciblé, c'est un marché propre et délimité, mai son en voit tout de suite la limite : et après avoir trouvé ses pompes on fait quoi ? On dit quoi ? On partage quoi ? Rien. Le ROI, comme on dit sur la base d'un globish utilitariste et désincarné, est peut-être promis, mais il est nu ! Il est plat ! Il est creux !

L'hyperlocal, ce n'est pas ça : c'est de l'échange, de l'intelligence partagée à fleur de territoire(s), et peut-être, oui, des bons plans, des promotions, des recommandations et des invitations.

A cet égard, Loso ne s'y trompe pas comme on peut (à peu près) le voir ci-dessous :             

"What's up" ? Oui, quoi de neuf, sinon ? Le partage d'informations est sinon, nécessaire, du moins recommandé. Quand "tout le monde est un média" (thèse ardemment soutenue en France depuis des années par Eric Scherer), on ne voit guère d'autre solution !

A cet égard, Loso associe les professionnels à la conversation comme on peut le voir ci-dessous :

C'est en mettant dans un même espace (numérique/social) que l'économie locale peut y retrouver un second souffle, en s'adaptant aux usages et en s'appuyant sur de nouvelles solutions (techno-publicitaires).

Voici ce que raconte la responsable marketing de Loso à L'Atelier :

"Pour lier avis de consommateurs, informations sur un commerce, et actualités locales, Loso a mis au point une application qui se base, dans la veine de FourSquare, sur la localisation et la ludification. En fait, le module propose aux utilisateurs d'enregistrer leur position, et de la partager avec leurs amis. La différence, c'est que les endroits affichés ont été enregistrés par les marques partenaires. Pour gagner des points, il faut scanner un code-barre qu'elles mettent à disposition de leurs clients, et qui permet d'encaisser un certain nombre de crédits. "Chaque visite représente 10 points de récompense. A partir de 20 points un restaurant peut offrir l'apéritif, et avec 1000 points le client peut recevoir un Ipad", explique Claire O'Keefe, responsable du Marketing chez Loso."

Loso est disponible aux Etats-Unis, mais aussi à Paris, dans une version "allégée". La connaissez-vous ?

En attendant, Yakwala travaille sur la base d'hypothèses et d'intuitions convergentes : c'est tout l'écosystème d'informations (locales et hyperlocales) qu'il faut repenser, orchestrer, structurer, animer, pour ensuite créer de la valeur, de la convivialité, de la confiance. C'est en partant du (bon) partage d'informations (sur un mode participatif), c'est avec un soupçon d'empowerment et au moyen d'une belle plateforme qu'on peut tenter de reformuler l'information locale.       

Crédits : captures d'écran du site http://www.loso.net/Home.html.