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"L'homme de la rue" a-t-il (définitivement) fait irruption dans les salles de rédactions ?

on mar, 03/27/2012 - 07:50

Par Julien Le Bot

Le film de Frank Capra "Meet John Doe" (dont nous avons déjà parlé sur ce blog) était-il visionnaire ? Le "journalisme 3.0" (expression que l'on pourrait résumer comme suit : Infos [en perpétuel devenir] + Mécanique sociale) signifie-t-il que "L'homme de la rue" est définitivement entré dans la salle de rédaction - pour mieux nous débarrasser d'une imposture commune dénommée "micro-trottoir" ? @ericscherer a signé sur le blog Meta-Media un excellent billet donnant un bel aperçu du parti pris adopté par la radio publique suédoise.     

Rien ne sert de paraphraser ce qui a été clairement "dit et énoncé" sur le blog Meta-Media au sujet du grand chambardement éditorial ayant agité la radio publique suédoise. Nous ne retiendrons ici que quelques uns des grands principes du "journalisme 3.0" retenus et évoqués dans cet article : 

  • Dialogue entre la rédaction et l’audience avant les choix de sujets à couvrir.
  • Participation active de l’audience
  • Net accroissement de la personnalisation et de l’engagement des journalistes
  • Accent mis davantage sur les contenus locaux.
  • Plus grande différentiation des contenus
  • Fiabilité plus que jamais cruciale.

Le "journalisme 3.0" - s'il est nécessaire de mettre une étiquette comme si nous devions désigner la dernière version d'un logiciel propriétaire ou d'une voiture à hydrogène - est (définitivement) sorti du registre "monologique". Doit-on pour autant penser que nous sommes entrer dans "l'ère de la conversation" - ou, pis encore, pour les "mécontemporains", dans une "ère du vide" ?

Pas nécessairement : ce qui est remarquable, avec ces nouveaux dispositifs technologiques, c'est la façon dont l'histoire (avec un "H" majuscule si vous préférez hypostasier le cours des choses) s'écrit désormais sous nos yeux puisque, contrairement au temps jadis où quelques personnages détenaient le monopole du parchemin ou du micro, nous nous devons de partager la fabrique du présent (et de l'information) pour tenter de nous accorder sur ce que nous vivons. A cet égard, le journaliste est moins un chroniqueur qu'un chef d'orchestre - dont le pouvoir est sans cesse remis en question, du reste - battant le pavé au milieu d'une audience encline à (et en mesure de) intervenir dans son travail.

Au fond, il s'agit presque, pour la modaliser théoriquement, du prolongement logique de "l'expérience démocratique" - telle que la décrivait Mireille Delmas-Marty dans un de ses ouvrages publiés aux éditions du Seuil -  issue notamment de la Révolution française : l'horizontalité est, en matière d'informations, devenue la règle.          

Crédit : @soeron-k (Licence Creative Commons)