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Existe-t-il une bonne alchimie pour (bien) envoyer des "notifications hyperlocales" ?

on mar, 06/26/2012 - 08:21

Par Julien Le Bot

D'aucuns penseront qu'avec un tel titre, ce billet verse nécessairement dans une approche technique d'une question microscopique. Il n'en est rien : l'information hyperlocale, dont la pertinence est en partie déterminée par l'utilisateur lui-même (en fonction de sa géolocalisation par exemple), est le fruit d'une révolution technologique où la mobilité et l'instantanéité déplacent, sans mauvais jeux de mots, les habitudes (de lectures) et les modalités (de réception des messages). A l'heure où Pierre Haski signe un portrait éloquent de la condition du "Twitter-journaliste" contemporain sous les traits d'un humble maître en la matière (Andy Carvin, chief strategist pour la radio américaine NPR), Yakwala revient - dans le sillage de Street Fight Mag - sur quelques unes des caractéristiques des "notifications" qui peuvent et doivent conférer tout son sens à l'information hyperlocale.       

Asif Khan est un "vétéran", nous dit Street Fight Mag dans un langage offensif, du monde des start-ups et des technologies. PLus précisément, ce dernier a beaucoup étudié et travaille encore sur les notions de territoires, de tendances de marchés (ou de marketing), et d'évolution des pratiques quotidiennes du (ou des) public(s). Autant dire que son point de vue peut utilement contribuer à nourrir la réflexion de celles et ceux qui s'intéressent à l'information (hyper-)locale de demain.

Les modèles économiques des médias étant bouscilés par les "transferts de pouvoirs" à la manoeuvre sur la Toile, comme le montre bien la dernière étude publiée par l'équipe d'Eric Scherer, il est temps de (bien) penser la façon dont l'information et/ou la publicité pourra venir solliciter l"attention"  de ceux que le jargon désignent sous le terme de mobinautes. Et c'est là que la notion de "notification", entrée notamment dans le langage courant avec Facebook, intervient.  

Que nous dit  Asif Khan dans son article "How Push Notifications on Mobile are Changing Hyperlocal ?"

Que les "notifications", nul ne saurait aujourd'hui s'en passer. Il faut donc réfléchir à leur usage pour mieux servir l'utilisateur. Qui n'a nulle envie de recevoir des empilements de signaux contradictoires. Et qui souhaite que les "notifications", pour être considérée comme telles (non comme de nouveaux spams), doivent être pertinentes. L'exemple des services proposés par l'entreprise Xtify montre que les "notifications géolicalisées" sont trois fois plus efficaces que les notifications "communes". L'avenir appartient donc à celles et ceux qui savent accompagner les usages au plus près des territoires ! De ce point de vue, l'hyperlocal est une approche déterminante !

Ensuite, il est intéressant de noter que de plus en plus de gouvernements et/ou adminstrations envisagent de recourir à des notifications pour prévenir leurs adminstrés en cas d'urgence. Selon le CNET, cité par Asif Khan, Apple aurait prévu de tels dispositifs dans son système d'exploitation iOS6 pour permettre de faire remonter des "informations" en cas de besoin (tremblement de terre, incendie, tsunami, etc.). Libre, ensuite, aux utilisateurs, d'acccepter - ou non - de recevoir ses "notifications". L'une des clés, d'ailleurs, de cette approche des notifications est liée à la possibilité pour tout un chacun, ensuite, de paramétrer sa "disponibilité" à l'égard desdites sollicitations.

Asif Khan note d'ailleurs que tous les systèmes d'exploitation actuels (iOS, Android, Windows, etc.) n'ont pas la même compréhension de ce que peut vouloir dire "push notification" - ce qui n'est pas sans provoquer quelques difficultés et "frustrations" pour les développeurs, explique-t-il. Et l'auteur de cet article de préciser qu'un consensus semble se dégager au sein des spécialistes du genre : Android présente l'approche la plus adaptée pour les utilisateurs dans la mesure où seules les notifications les plus récentes apparaissent. Un choix qui limite le risque de surcharge et/ou d'indigestion.

Au fond, l'un des enjeux pour les éditeurs hyperlocaux, c'est de réussir à conserver cette "qualité" supposée des "notifications" - qui ne sont pas considérées, à l'ehure actuelle, comme des spams. Autrement dits, il y a peut-être là un passage à double détente à négocier : il doit être possible de s'appuyer sur ces technologies pour créer ET de la valeur (économique) ET de la pertinence (pour les utilisateurs, au quotidien).        

Yakwala se positionne clairement sur cette approche qualitative de l'hyperlocal : il est nécessaire de mettre au point des dispositifs permettant aux utilisateurs de bien partager leurs informations (particuliers et professionnels), tout en leur laissant la main sur le paramétrage des informations et/ou des messages qui peuvent prendre la forme d'alertes et/ou de "notifications" sur les smartphones. De la même manière que, de plus en plus, les internautes s'interrogent et s'intéressent à la question de la réutilisation - ou non - des données personnelles (Cf. les derniers articles d'InternetActu), il s'agit de construire peu à peu des services de notifications adaptés selon les attentes et susceptibilités de chacun.         

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Crédit : @JacobEnos (Licence Creative Commons)